Minuit… Essayer de dormir les yeux bandés quand le sommeil ne vient pas est épuisant ! C'est comme faire rouler un grand conteneur rempli de minuscules boulons – des milliers – à l'intérieur, mais sans un bruit. Tu secoues ce conteneur débordant de boulons, d'écrous et de clous, et pourtant, il n'y a toujours pas de bruit. Le bruit assourdissant du silence, les pensées qui s'agitent dans votre tête alors qu'elles ne se rendent pas compte qu'il est l'heure de dormir : voilà une fatigue et une torture que même les dictateurs ou les tyrans n'auraient pu imaginer. La fenêtre de cette chambre donne sur la rue, une rue que même les chiens et les chats n'ont pas encore réussi à s'approprier. Dans leur hâte de fuir, ils ne l'utilisent que pour passer vers les autres quartiers. Et pourtant, la Lune, obstinée et intrépide, apporte un peu de sa lumière à cette rue pour les chiens, les chats, moi, ou pour quiconque apprécierait sa lumière ou n'aurait tout simplement nulle part ailleurs où poser son regard.




